Après une année d'apprentissage plutôt difficile avec Jaguar en 2004, Christian Klien avait gardé sa place une fois l'écurie passée sous le contrôle de Dieter Mateschitz, patron
de Red Bull. Remercié par le milliardaire autrichien fin 2006, le pilote autrichien a préféré quitter le navire plutôt que de choisir l'exile aux USA.
Après une année 2007 en tant que "réserviste" chez Honda, il espérait retrouver un poste
de titulaire en 2008 mais s'est finalement résolu à accepter le rôle de troisième pilote
de l'écurie BMW Sauber. Un poste qu’il conservera en 2009.
Est-ce que la Formule 1 était votre rêve d’enfance ?
Christian Klien : « Quant j’étais petit, j’ai essayé tous les sports. Que ce soit le foot ou le ski, j’ai pratiqué quasiment tous les sports qu’il était possible de pratiquer dans le Vorarlberg. L’étincelle a jailli lorsque j’avais environ huit ans. En 1991, j’ai rencontré mon idole Ayrton Senna à Hockenheim. Mon père et moi, nous nous étions glissés dans le paddock par un trou dans le grillage. On avait à peine jeté un coup d’oeil
que je suis tombé sur Senna. Je portais un t-shirt de Harley Davidson et une casquette du Salzburgring. Ayrton est spontanément venu vers moi et a invité mon père à nous prendre en photo. Il avait beaucoup de patience et j’avais l’impression qu’il pouvait lire dans nos pensées, parce que nous n’avions pas osé lui demander de poser avec moi. Cela a été le déclic pour moi. Dorénavant, j’étais un vrai fan de la course et je me suis mis au karting peu après.
La photo qui me montre avec Ayrton Senna est d’ailleurs toujours accrochée chez moi. »
Quel a été votre parcours vers la Formule 1 ?
CK : « Au début, nous n’y connaissions rien, notre famille ne s’était pas encore intéressée aux sports mécaniques. Tout cela était plutôt conçu comme un passe-temps. La famille était toujours au grand complet et suivait en caravane.
Nous avons sillonné toute l’Europe centrale. Ma mère a fait la cuisine, ma sœur a joué avec d’autres filles, mon père a été au début à la fois mécanicien et propriétaire d’écurie. Partout ailleurs, les pros ont rappliqué avec leurs motor-homes et leur équipement chérot. À l’autre bout de l’échelle, il y avait ma petite équipe de bricoleurs. Pour moi, tout cela était plutôt un jeu. Mais lorsque j’ai commencé à piquer les trophées aux autres, certains ont cessé de plaisanter. À partir de là, je savais que j’avais trouvé quelque chose que je semblais
vraiment maîtriser et qui me plaisait énormément. Robert Kubica et sa famille appartenaient d’ailleurs comme nous au camp des bricoleurs qui faisait sourire les autres. »