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Le podium du Grand Prix d'Espagne
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La victoire de Jenson Button lors du Grand Prix d'Espagne, sa quatrième en cinq courses,
s'est accompagnée de grincements de dents chez son coéquipier de Rubens Barrichello (2e), qui a contesté la stratégie de course de l'équipe de Brawn GP.
A l'origine de la polémique, il y a donc les stratégies différentes décidées pour les deux pilotes. Barrichello a paru bien plus rapide que Button, mais il a du s'arrêter plus souvent aux stands, ce qui a hypothéqué ses chances de victoire.
Or, comme lui, Button devait initialement changer trois fois ses gommes.
«
J'ai fait tout ce que je pouvais faire. L'équipe a décidé que je fasse trois arrêts, alors que Jenson n'en a fait que deux. J'étais surpris. La stratégie n'a pas
fonctionné », a tout d'abord commenté Barrichello, aussi irrité que laconique.
Puis l'aigreur est remontée. Lorsqu'un journaliste lui a demandé si la course lui rappelait son passé chez Ferrari, quand son coéquipier, Michael Schumacher, était systématiquement privilégié, la réponse a fusé. «
Si cela doit se passer comme ça, je ne suivrai plus les ordres de l'équipe. C'est très clair », a averti le Brésilien.
«
L'équipe va se réunir après la course, on va voir ce qu'il s'est
passé », a-t-il poursuivi, tenant toutefois à souligner que l'atmosphère chez Brawn GP était bien plus amicale que l'ambiance qu'il avait connue à la Scuderia.
Bon prince, Barrichello a ainsi participé à la photo de groupe devant le motor-home de son écurie, une petite heure après la course. Et même s'il s'est fait attendre quelques minutes et que son sourire était crispé, le Brésilien s'est laissé porter par des membres de Brawn GP. Il a même poussé un tout petit cri de joie.
Button, qui l'a accueilli en le taquinant, avait toutefois l'air rudement embarrassé.
«
On travaille ensemble. Cela a bien fonctionné pour moi aujourd'hui. Cela sera peut-être le cas pour lui à Monaco. Il ne faut pas parler de cela (d'un avantage qui lui serait accordé, ndlr).
C'est tellement loin d'être
le cas », a minoré Button.
Ross Brawn, le propriétaire de l'équipe éponyme, s'est lui refusé, comme à son habitude, à tout commentaire. Au-delà de ces tensions internes à Brawn GP, la course catalane s'est surtout distinguée par son ennui, lié au très faible nombre de dépassements, ce qui contraste avec
le flamboyant début du Championnat.
Les deux Red Bull, actuelles dauphines attitrées des Brawn GP, se sont classées troisième et quatrième, pilotées par Mark Webber et Sebastian Webber.
Fernando Alonso (Renault) est cinquième, une performance inespérée devant son public :
«
Nous ne nous attendions pas à ce que la course se passe si bien » a déclaré l'Espagnol, qui a reconnu avoir profité de circonstances favorables.
Dans le dernier tour, Alonso a ainsi passé Felipe Massa, dont la Ferrari roulait au ralenti car son équipe ne lui avait pas mis assez d'essence. «
La voiture est beaucoup plus compétitive, presque au niveau de celles qui nous précèdent », s'est-il toutefois félicité.
«
On peut gagner quelques courses. Mais il faut être réaliste et oublier le Championnat », a de son côté estimé Massa.
Nick Heidfeld (BMW Sauber) se classe septième et précède Nico Rosberg (Williams), alors que le champion en titre, Lewis Hamilton (McLaren-Mercedes), auteur d'une course anonyme, s'arrête à la porte des points (9e).
Sébastien Bourdais et Sébastien Buemi (Toro Rosso) ont abandonné dès le deuxième virage, sur collision.
© CAPSIS International