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Bernie Ecclestone
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L'argentier de la Formule 1 Bernie Ecclestone a
mis son poids dans la balance mercredi dans le conflit opposant la Fédération
internationale de l'automobile (FIA) aux écuries (Fota) en menaçant les
équipes de sévères représailles si elles montaient un championnat concurrent
en 2010.
Peu disert et volontiers rassurant jusqu'ici sur l'issue du conflit,
Ecclestone a pour la première fois brandi la menace mercredi.
Ses déclarations au quotidien britannique
Daily express ont sonné comme un
avertissement à la Fota, qui envisage éventuellement de s'émanciper de la
tutelle de la FIA et de la FOM (Formula one management), le gestionnaire des
droits commerciaux de la F1.
"Si quelqu'un allait voir les gens avec qui nous sommes sous contrat, les
entreprises, les télévisions, ce serait de l'incitation à rompre un contrat,
donc je ne resterais pas en retrait à regarder les choses se faire", a affirmé
Bernie Ecclestone.
"Chaque action (en justice) intentée pourrait aller jusqu'à des centaines
de millions de livres, qui sait?", a évalué le dirigeant de la FOM.
La FIA et la Fota sont en conflit au sujet du règlement 2010, édicté par la
FIA, instaurant un budget plafonné à 45 millions d'euros (salaires des pilotes
et dépenses marketing exclus) pour les écuries le souhaitant, qui
bénéficieront en échange d'avantages techniques indéniables, ce que craignent
les grandes équipes.
La Fota a fixé un ultimatum à la FIA, dont l'échéance tombe vendredi,
posant comme préalable à toute inscription définitive pour le Championnat 2010
que soient réglés les problèmes réglementaires avec la FIA et le volet
commercial (accords Concorde) avec la FOM d'Ecclestone.
Ferrari, Renault, Toyota, Red Bull et Toro Rosso ont par ailleurs menacé de
quitter la F1 au terme de la saison 2009 et de monter un championnat parallèle
si ces conditions n'étaient pas remplies.
Une telle sécession, envisageable pour les constructeurs, qui veulent
s'affranchir du duo FIA-FOM, entamerait le crédit de la discipline qui s'en
remettrait difficilement.
"C'est nous qui faisons le show, qui amenons la technologie, qui amenons
les moteurs, qui embauchons les pilotes, et si nous faisons le show, il faut
que les revenus de la Formule 1 nous reviennent", a affirmé mercredi Carlos
Ghosn, le PDG de Renault, devant la Commission des affaires économiques à
l'Assemblée nationale française.
"Les intermédiaires ont suffisamment gagné d'argent dans cette affaire,
nous voulons reprendre le contrôle de la Formule 1", a-t-il souligné.
"On veut une règle pour tout le monde, il n'est pas question d'accepter des
règles différentes selon les constructeurs", a enfin déclaré M. Ghosn.
Dans cette partie de poker à grande échelle, le président de la FIA, Max
Mosley, avait pourtant lancé la semaine dernière aux écuries:
"Si vous voulez
faire vos propres règles, alors organisez votre propre championnat".
Selon le
Daily express, des contrats lient jusqu'en 2012 la FOM à Red Bull
et Toro Rosso, ainsi qu'à Williams et Force India. Ces deux dernières équipes
sont les seules du plateau actuel à s'être inscrites sans condition pour la
saison prochaine.
Ferrari, également sous contrat, estime que les changements réglementaires
décrétés par la FIA pour 2010 constituent un motif de rupture et qu'elle n'est
en conséquence plus tenue de les respecter.
"Ce n'est pas comme ça que nous le voyons", a réagi Bernie Ecclestone.
"Nos
avocats le défendront avec toute leur énergie".
D'après AFP