Une éventuelle septième
victoire cette saison, dimanche à Silverstone, du leader Jenson Button (Brawn
GP), la première dans son Grand Prix national, pourrait passer inaperçue, tant
la Formule 1 semble proche de l'implosion cette fin de semaine.
Vendredi, l'association des écuries (Fota), qui regroupe huit équipes, doit
accepter de s'inscrire sans condition pour la saison 2010, sans quoi la
Fédération internationale de l'automobile (FIA), qui régit la discipline,
refusera leur présence en F1 l'an prochain.
Mais la Fota exige qu'au préalable, un accord soit trouvé avec la Formula
one management (FOM - qui gère les deniers de la F1) de Bernie Ecclestone, le
grand argentier de la F1, et qu'un compromis soit négocié avec la FIA sur le
règlement 2010.
Les écuries refusent tout particulièrement l'instauration par la FIA d'un
budget plafonné à 45 millions d'euros (salaires des pilotes et dépenses
marketing exclus) pour les écuries le souhaitant, qui bénéficieront en échange
d'avantages techniques indéniables.
Les négociations durent depuis des semaines. Le président de la FIA, Max
Mosley aurait, en dernier lieu, donné son accord pour faire passer ce plafond
à 100 millions d'euros pour 2010 et 45 pour 2011. Il a également assuré les
écuries que des discussions avec la FOM débuteront une fois qu'elles seront
inscrites.
Mais rien n'assure que la Fota accepte un tel compromis. Or un championnat
sans Ferrari, McLaren-Mercedes, BMW Sauber, Renault, Toyota, Brawn GP, Red
Bull et Toro Rosso perdrait tout son intérêt. Seules Williams et Force India
se sont pour l'instant inscrites sans condition.
Que vaut à côté de cela une première victoire du Britannique Jenson Button
dans son pays, après six succès déjà cette saison? Que vaut "l'émotion",
selon ses propres termes, du leader incontesté d'un championnat qui n'existera
peut-être plus l'année prochaine?
"Quoi qu'il se passe sur la piste ce week-end, la situation politique
actuelle que vit notre sport fera encore les gros titres", a pronostiqué le
Brésilien Felipe Massa, qui voit sa Ferrari
"redevenir compétitive" à
Silverstone.
"Je suis triste pour les fans et pour le sport. On est là pour écrire
l'histoire de la Formule 1. Mais en ce moment, on ne parle que de règles, de
politique ...", a commenté Jarno Trulli.
"Maintenant, chacun sait que la F1 vit un tremblement de terre. C'est très
mauvais pour le sport, pour son image. Personne ne sait ce qui va se passer
demain (vendredi). Personne n'aura envie d'investir dans un sport si
incertain", a-t-il poursuivi.
"Max a peut-être raison sur certains points, qui sont acceptables, pour moi
et la plupart des pilotes", a conclu l'Italien, dont l'objectif est encore de
faire gagner sa Toyota cette saison.
D'autres pilotes sont moins optimistes.
"Pour nous, la saison est déjà
terminée car nous ne nous battons pas pour le titre", a affirmé Fernando
Alonso (Renault), qui comme la plupart de ses pairs, a dit
"soutenir" la Fota
dans sa querelle avec la FIA.
"Pour moi, la nouvelle F1 n'est pas du tout attractive, avec de petites
équipes et sans pilotes. Nous voulons nous battre face aux meilleures écuries
du monde, avec la meilleure technologie", a ajouté l'Espagnol.
"Si ce n'est pas la F1 l'an prochain, ce sera une autre catégorie", a-t-il
souligné, disant ne pas exclure un futur outre-Atlantique. Ambiance...
D'après AFP