La dernière course de la saison est inédite au calendrier du championnat du monde !
Après les circuits de Sepang, Sakhir, Istanbul, Valencia et Singapour – Hermann Tilke
a dessiné le circuit Yas Marina d’Abu Dhabi .
Alan Permane - ingénieur en chef au sein du Renault F1 Team – a supervisé les orientations techniques choisies par l’équipe pour le Grand Prix d’Abu Dhabi.
Parlez-nous des préparatifs techniques pour ce nouveau circuit…
AP : « De manière générale, nous commençons à nous préparer à peu près deux mois avant la course. C’est à cette période que nous obtenons une carte détaillée contenant la configuration et les caractéristiques du circuit. Ceci nous permet de nous faire une première idée de la mise au point nécessaire en termes d’appuis aérodynamiques, de l’exigence sur les freins et le moteur. Nous entrons alors les données du circuit dans nos programmes informatiques afin de créer un circuit virtuel qui nous permettra d’effectuer des simulations sur nos ordinateurs. Cela nous permet d’évaluer un certain nombre d’options de set-up que nous pourrons facilement changer afin de nous aider à trouver une bonne mise au point de base. Une fois sur le circuit, et lorsque la voiture aura roulé lors des essais libres, nous enverrons de vraies datas du circuit à l’usine, où elles seront exploitées afin de développer des simulations plus précises. Les datas du vendredi pourront également être utilisées sur notre banc châssis dynamique pour nous permettre d’explorer les caractéristiques du châssis en fonction de plusieurs réglages. Les résultats pourront suggérer des améliorations par rapport à l’amortissement, à la rigidité des ressorts ou des barres anti-roulis. Des alternatives en termes de mise au point nous reviendront de l’usine jusqu’au vendredi soir afin que nous puissions les tester le samedi matin, avant la séance de qualifications.
»
Quelles sont vos premières impressions du circuit d’Abu Dhabi ?
AP : « Il présente deux longues lignes droites mais il semble qu’il soit un peu comme le circuit de Valence, fait d’accélérations et de freinages. Concernant les appuis aérodynamiques, ils seront plutôt élevés mais pas au maximum car il faut prendre en considération les longues lignes droites où la vitesse de pointe sera importante. Le tracé présente un nombre relativement important de virages à droite mais il est difficile de prédire quel impact cela aura sur la voiture car cela dépendra de la configuration des vibreurs. C’est une des choses que nous allons examiner lors de notre inspection du circuit. Ce que nous savons d’ores et déjà, c’est que les pilotes voudront une voiture avec un set-up pour une bonne traction surtout en sortie des virages plus lents. Le circuit ne présente pas de changement de direction à haute vitesse ce qui nécessiterait un set-up de suspension plus rigide. Donc, afin d’assurer une bonne traction mécanique dans les virages lents, l’arrière de la voiture sera plus souple. En ce qui concerne les freins, nos simulations indiquent des similarités avec Valence et Melbourne, ce qui veut dire que le circuit sera exigeant à ce niveau, mais pas autant que Monza. »
D’après vous, quels endroits du circuit présentent le plus de challenges ?
AP : « Je suis d’accord avec Fernando qui parle des virages 11, 12, et 13. Ils seront intéressants et auront un gros impact sur le temps au tour. Les pilotes aiment toujours les virages rapides mais il est possible de faire de bons secteurs dans les virages lents, où on passe pas mal de temps. En résumé, cela veut dire que les virages cinq, six et sept sont des zones où la voiture devra être performante afin de faire un bon chrono général. »