Jenson Button (Brawn GP), sacré champion du
monde de Formule 1 au Brésil à Sao Paulo (Brésil) le 18 octobre, a avoué jeudi
à Abu Dhabi, où se tiendra dimanche la dernière course de la saison, avoir
profité du moment depuis lors.
"Ce n'est pas un soulagement, car je voulais tellement ce titre. C'est un
sentiment très étrange. J'ai atteint un rêve d'enfant. On rêve de beaucoup de
choses quand on est enfant. Mais on ne sait pas vraiment ce qui deviendra
réalité", a expliqué le Britannique, qui semblait sur un nuage jeudi.
"Quand je suis arrivé en F1 en 1999, je me suis dit qu'il y avait une chance
que cela se produise", a-t-il raconté.
"Mais je ne pensais pas que cela serait
si dur. Je croyais pouvoir faire la différence seulement sur mon pilotage,
même si la voiture n'était pas compétitive. Mais la F1 ne fonctionne pas comme
ça."
"Chaque année, cela a été compliqué, même quand la saison était bonne.
Alors y arriver en 2009, après dix ans de carrière...", a observé Button,
ajoutant avoir
"adoré" le dernier Championnat, qu'il ne
"changerait" pour rien
au monde,
"même les mauvais jours, qui rendent plus fort".
Une attitude conforme à celle adoptée au soir de son sacre quand,
"extatique", selon ses propres dires, il répétait à l'envi:
"Je suis le
champion du monde" à des journalistes hilares lors d'une conférence de presse
improvisée par la Fédération internationale de l'automobile (FIA).
"J'ai arrêté de dire que j'étais champion du monde après cela car plus
personne ne m'écoutait", a souri le Britannique, qui a ensuite narré ses dix
jours
"géniaux" depuis Sao Paulo.
"Les trois jours suivants, j'ai travaillé pour mes sponsors, pour l'écurie.
J'ai passé le mercredi après-midi avec l'équipe à l'usine.
C'était très
émouvant", d'autant plus que Brawn GP, émanation de Honda F1, a été très
proche de ne pas disputer le Championnat 2009, a-t-il raconté.
Ensuite, le nouveau champion, accompagné de ses proches, en particulier le
mannequin nippo-argentin Jessica Michibata, s'est envolé pour Dubaï, un émirat
proche d'Abu Dhabi, où il a goûté à quelques jours de tranquillité.
"Je n'ai fait que me reposer, m'entraîner, dormir sur la plage. J'ai
beaucoup repensé au week-end brésilien", a-t-il affirmé.
A une journaliste demandant à ce bambochard invétéré s'il avait alors
célébré son titre, la réponse s'est faite moins précise:
"Je n'ai pas du tout
fait la fête. J'ai passé du temps avec des amis en Grande-Bretagne, et là, je
me suis amusé".
Pour le Britannique, dont la carrière a pâti de mauvais choix d'écurie,
l'heure est aussi à penser à son avenir proche: rester chez Brawn GP ou partir? Vers où? Et que peut lui permettre son titre?
"On ne sait pas comment cela va être après en avoir gagné un. C'est très
différent de ce que j'attendais. Je travaille pour cela depuis 21 ans. Cela a
toujours été mon rêve de devenir champion du monde de F1. J'ai consacré ma
courte vie à cela", a commenté Jenson Button, qui a 29 ans.
"Je vais essayer de profiter au maximum de ce week-end à Abu Dhabi. Je
commencerai à penser à l'an prochain et aux défis qui m'attendent seulement
après cela", a-t-il déclaré, apaisé.
"Je ne regarde pas trop loin maintenant.
Je ne fais que jouir du moment." Carpe diem. Tout simplement.
D'après AFP